Hommage national à Samuel Paty

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Hommage national à Samuel Paty Discours de l’Ambassadeur de France au Nicaragua 21 octobre 2020

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Madame la Conseillère des Français de l’étranger,
Madame, Messieurs les Ambassadeurs et représentants du corps diplomatique européen, dont la présence nous touche particulièrement,
Mme la Proviseur, Mesdames et Messieurs les Professeurs, personnels administratifs et techniques à travers lesquels je salue l’ensemble de la communauté scolaire,

Le vendredi 16 octobre 2020, la barbarie a frappé. Au cœur de l’Ile-de-France, dans la paisible ville de Conflans Sainte Honorine, l’un d’entre nous est tombé, tombé sous les coups d’un barbare que la France avait pourtant accueilli, fuyant la guerre et ses ravages.

Ce meurtrier, dont le nom doit être tu à tout jamais, ne s’en est pas pris avec sauvagerie qu’à un homme, Samuel Paty, 47 ans, père d’un enfant de 5 ans. Le meurtrier s’en est aussi pris à un symbole, comme en d’autres temps des hommes sont morts pour ce qu’ils représentaient, le service de la collectivité, le service de la République : Préfets comme Claude Érignac, policiers ou gendarmes comme Ahmed Merabet et Arnaud Beltrame, diplomates comme Louis Delamare, et bien d’autres.

Samuel Paty, auquel nous rendons un hommage national aujourd’hui partout dans le monde, ainsi que l’a souhaité le Président de la République, était enseignant. Il est mort victime du devoir alors qu’il faisait le plus beau métier du monde. Il était au service de l’éducation, sans laquelle la République ne serait rien, sans laquelle la République ne serait pas.

En assassinant Samuel Paty, la barbarie nous envoie un message : c’est bien la connaissance et la tolérance qu’elle combat. En s’en prenant à un passeur de savoirs, un enseignant, celui qui enseigne le chemin de la civilisation aux citoyens de demain, elle a levé un voile sur ses desseins obscurantistes : nous entraîner dans la nuit, dans la haine de l’autre.

Rostand nous dit que c’est dans la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. Les enseignants sont de ces lumières dans la nuit, qui nous guident hors des ténèbres de l’ignorance. Ils font de l’école publique le socle de notre République, de ses valeurs qui rayonnent sur le monde, la Liberté, l’Égalité, la Fraternité.

Le chant des partisans le dit : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place  ». D’autres reprendront le flambeau porté par Samuel Paty, mais la France, aujourd’hui, est bel et bien en résistance, engagée dans un combat culturel face à la barbarie, sans haine, mais dans la détermination, avec la force de sa richesse culturelle née de la diversité qui l’a construite, fière de son idéal et sûre de l’universalité de son message.

Et, puisque nous sommes entre les murs du lycée Victor Hugo, avant d’observer une minute de recueillement puis d’entonner La Marseillaise, notre hymne national, révolutionnaire et républicain, souvenons-nous des mots de ce grand homme le 5 septembre 1870, au lendemain de la proclamation de la République il y a 150 ans :

« Etouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles. Serrons-nous tous autour de la République, et soyons frères. Nous vaincrons. C’est par la fraternité qu’on sauve la liberté  ».

Je vous remercie./.

Dernière modification : 21/10/2020

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